Organisation de la Brigade Nationale des Sapeurs pompiers

Organisation de la Brigade Nationale des Sapeurs pompiers - Noyade La protection civile a pour objet la prévention des risques de toute nature, l’information et l’alerte des populations ainsi que la sauvegarde des personnes, des biens et de l’environnement contre les accidents, les sinistres et les catastrophes par la préparation et la mise en œuvre de mesures et de moyens appropriés relevant de l’Etat, des collectivités territoriales et des autres personnes publiques ou privées.

Pour aider le Groupement national des Sapeurs-Pompiers (GNSP) à assurer la sécurité et la protection des populations ainsi que la préservation des biens, un vaste programme de restructuration s’étalant sur une période de quinze ans (2001 à 2015) a été initié. Le bilan à mi-parcours est satisfaisant. En effet, depuis 2001, six (6) casernes de sapeurs pompiers ont été construites et quatorze (14) de leurs bâtiments réhabilités. Dans ce sens, le renforcement des moyens en vue d’armer les nouvelles unités a permis d’accroitre le bilan des activités opérationnelles.

Le volume de pompage est ainsi passé de 1 210 326 m3 en 2007 à 5 828 476 m3 en 2009 permettant, durant cette année, de libérer cent soixante douze (172) quartiers et quatre vingt-huit (88) écoles des eaux hivernales. Durant cette période, le ravitaillement en eau lors des événements religieux a presque triplé passant de 6 678 m3 à 17 324 m3.

Cependant, face à l’ampleur et à la délicatesse des missions assignées, le manque de moyens d’intervention adaptés aux risques et l’insuffisance d’équipements de protection individuelle aboutissent à la précarité de la sécurité des personnels en intervention et à la vulnérabilité des populations face aux risques.

Globalement, l’aptitude opérationnelle des unités d’incendie et de secours est fortement gênée par les difficultés ci-après :

– faiblesse de la couverture du territoire national en casernes de Sapeurs-Pompiers qui se traduit par une immensité des secteurs d’intervention des unités de secours, vingt-trois (23) départements sur quarante cinq (45) seulement disposent de casernes de sapeurs- pompiers. En conséquence, 48,89% du territoire est dépourvu de caserne de sapeur pompier notamment en milieu périurbain et rural. Ainsi, les unités opérationnelles sont toujours débordées par rapport aux demandes (secours des victimes et incendies) ;

– insuffisance de matériels d’intervention, dont plus de 56% proviennent de dons et sont, parfois, très vétustes, d’où les nombreuses pannes qui handicapent l’exécution du service ;

– inexistence de structures de formations adéquates (Ecole Nationale de Sapeurs- pompiers et Centre de Formation des recrues provenant des armées) ;

– manque de matériels spécifiques pour la lutte contre certains sinistres et catastrophes notamment: les incendies de produits chimiques et de matières dangereuses, ceux de raffineries et dépôts d’hydrocarbures, les grands feux de brousse menaçant les villages et les inondations récurrentes ;

– déficit de matériels lourds de levage et de tractage ;

– non médicalisation des secours ; – manque de ressources en eau pour la lutte contre les incendies (bouches et poteaux

d’incendie).

A ces difficultés, s’ajoutent les charges supplémentaires nées du découpage administratif du territoire national intervenu en 2008 et portant le nombre des régions du pays à quatorze (14). Cette situation impose à l’institution, une réorganisation dans le cadre d’un programme global de restructuration déjà entamé, afin qu’il puisse atteindre ses objectifs opérationnels.

Au niveau des ressources humaines, le GNSP fait face à un important déficit en personnels d’encadrement particulièrement pour la catégorie des officiers dont le nombre est largement insuffisant face aux besoins permanents de commandement, de formation et de remise à niveau opérationnel des intervenants. Cette situation sera aggravée par le départ à la retraite de la moitié des officiers, entre 2010 et 2015, portant ce déficit à 72 Officiers que les Armées ne pourront pourvoir seules.

Au total, les risques et catastrophes naturelles présents dans tous les domaines de l’activité économique et sociale constituent des menaces graves qui peuvent, en cas de survenue, compromettre les efforts de développement.

Ainsi, sont notées des insuffisances et des contraintes à différents niveaux, qui limitent les capacités nationales de Réduction des Risques de Catastrophes (RRC) et augmentent ainsi la vulnérabilité des populations face aux catastrophes.

Au niveau du cadre juridique et institutionnel, les difficultés suivantes sont notées :

– problèmes de délimitation des responsabilités entre les principaux organes en matière de prévention des risques majeurs et de gestion des catastrophes ;

– absence ou non application de la réglementation pour la prévention de certains risques (cas du transport de matières dangereuses), les pré-requis en matière de simulations et de retour d’expérience post-catastrophes ainsi que les conditions d’expropriation en cas de risques majeurs peu ou impossibles à mitiger ;

Au niveau du système d’alerte précoce (SAP) :

– non responsabilisation des populations à la notion de « veille » ;

– défaut de sensibilisation à la culture du risque ;

– manque de coordination des moyens actuels de l’Etat et des partenaires au profit

d’un SAP ;

– insuffisance de moyens matériels, technologiques et humains pour la mise en place

d’un SAP National ;

Au niveau du système de gestion des urgences et catastrophes :

– non maitrise du fonctionnement du plan ORSEC par les acteurs (décideurs, personnels de l’Etat, Collectivités locales, etc.) ;

– absence de cadre de concertation, devant permettre la mutualisation et la synergie des moyens disponibles et de l’Etat et des partenaires au développement ;

– défaut de plan d’urgence local ;

– déficit de ressources humaines en médecine de catastrophe et en moyens

logistiques ;

– manque de fonds pour l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles, le

financement de l’évacuation et le relogement des personnes résidant dans des zones jugées à haut risque ;

Au niveau du dispositif de formation / recherche sur les risques :

– inexistence d’une unité de recherche sur les risques majeurs conformément aux prescriptions du Cadre d’Action de Hyogo ;

– défaut de partage des expériences et de vulgarisation des techniques de prévention du fait de l’inexistence d’une banque de données centralisées sur la prévention et la gestion des catastrophes.