La Brigade Nationale des Sapeurs Pompiers

Elle est chargée sur toute l’étendue du territoire national
- des secours et de la protection tant contre les incendies que les périls ou accidents de toute nature menaçant la sécurité publique, la sauvegarde des biens publics et privés et la protection de l’environnement ;
- de l’exécution des mesures susceptibles d’assurer la protection des personnes, des installations, des ressources et des biens publics et privés, en temps de paix comme en temps de guerre ;
- de la coordination des opérations en cas de grand sinistre nécessitant soit l’engagement de moyens autres que ceux des sapeurs-pompiers, soit le déclanchement du plan ORSEC ;
- du suivi de la construction et l’équipement des casernes et d’infrastructures en rapport avec la Direction des constructions.

Situation de Référence du Secteur

Description globale

En plus de cinq (05) décennies, la population du Sénégal est passée de trois (03) à environ 14 millions d’habitants. Elle augmente de plus de 260 000 personnes par an, soit un croît démographique de 2,6%. Selon les estimations de 2010, 55% de cette population vivent en milieu rural, pendant que les 25% restent entassées à Dakar, sur moins de 0,3% du territoire.

Cet accroissement important de la population, ajouté à une forte concentration dans la capitale sénégalaise, ne s’est pas accompagné d’une offre conséquente de services sociaux de base, exposant davantage la population sénégalaise à une vulnérabilité extrêmement élevée, dans un contexte environnemental marqué par les effets du changement climatique.

Par ailleurs, la région de Dakar concentre, à elle seule, 90% des installations industrielles du pays. En outre, de par sa position géographique, le port de Dakar est l’un des plus importants de la sous-région.
Des catastrophes sont survenues au Sénégal, pendant les vingt (20) dernières années, notamment, l’explosion de la citerne d’ammoniac de la SONACOS de Bel Air en 1992, le naufrage du bateau « le Joola », les incendies dans les marchés, les noyades, les inondations intervenues en 2005, 2008, 2009 et 2012.

Au niveau national, ces catastrophes sont devenues une menace pour les populations, la stabilité économique et le développement du pays. Peuvent en témoigner les inondations récurrentes qui sont devenues un fléau national et une préoccupation réelle pour l’ensemble des acteurs du développement. A titre illustratif, la Banque Mondiale estime que l’impact négatif de l’hivernage 2009 est de 44,351 milliards de francs FCFA dans la protection des différents secteurs d’activités nationaux.

Dès lors, le caractère transversal de la mission des sapeurs pompiers dans la lutte contre les catastrophes constitue véritablement un instrument de lutte contre la pauvreté et un outil de développement en parfaite cohérence avec le Plan Sénégal Emergent.
Dans cette optique, l’Etat du Sénégal manifeste sa ferme volonté politique de réduire les risques de catastrophes à travers plusieurs actes d’ordre institutionnel, législatif et réglementaire.

Action et reforme majeures

L’un des actes les plus importants est la réforme structurelle intervenue en décembre 2012, érigeant le Groupement National des Sapeurs-Pompiers (GNSP) en Brigade Nationale des Sapeurs-Pompiers (BNSP). Cette dynamique renforce la professionnalisation et la spécialisation de ce corps, en élargissant ses missions de prévention des risques, de prévision et de lutte contre les catastrophes. A terme, le processus d’expansion de la Brigade devrait évoluer vers une structure relevée en haut-commandement à l’instar des armées et de la gendarme nationale.

Caractérisée essentiellement par une conceptualisation et une définition doctrinale de l’action des sapeurs-pompiers dans le dispositif de protection et de sécurisation des populations sénégalaises et de leurs biens, cette montée en puissance traduit la ferme volonté du Président de la République et du Gouvernement d’optimiser la politique de réduction de la pauvreté et atteindre les standards internationaux en matière de protection et de secours d’urgence.

Perspectives

Objectifs généraux

- Assurer la sécurité civile des populations, institutions et installations stratégiques, telle est la mission principale assignée à la Brigade Nationale des Sapeurs-Pompiers. Cela nécessitant de gros investissement, il conviendrait de la part des Entreprises notamment industrielles et surtout celles génératrices de risques de participer à ses efforts de montée en puissance de cet unique outil national de protection et de lutte contre les périls de toute nature.

- Compléter le maillage du territoire national en casernes de sapeurs-pompiers. D’ailleurs, l’Etat du Sénégal a pris l’engagement solennel pour sa mise en œuvre d’ici à l’horizon 2017, par l’implantation dans les meilleurs délais de Casernes régionales, de Centres de Secours départementaux et de Postes de secours dans les zones à fort potentiel économique ou à forte fréquentation. En effet, vingt-quatre (24) départements et deux (02) régions du Sénégal sont dépourvus de casernes de Sapeur-pompier d’où le faible taux de couverture. Ainsi, la résorption des déficits de quadrillage du territoire national en unités de sapeurs-pompiers aux fins de rapprocher davantage les secours des populations notamment rurales, est une impérieuse nécessité.

- Renforcer la sécurité collective en intégrant la Brigade Nationale des Sapeurs-Pompiers dans un ensemble sous-régional et régional cohérent face au caractère transfrontalier des risques comme les catastrophes naturelles et les pandémies. Cela passe par l’intégration des formations Sapeurs-Pompiers. Dans ce sens, la construction en cours de l’Ecole Nationale des Sapeurs-Pompiers pourrait constituer ce creuset en accueillant des stagiaires internationaux.

- Soutenir la diplomatie et enrichir notre expérience internationale en participant aux opérations extérieures de l’Etat. Dans ce cadre, le Sénégal a eu à projeter en Avril 2014, un détachement en appui aux sapeurs-pompiers du Cap-Vert pour l’extinction de feux de forêt. Cette opération a connu un franc-succès.

 Objectifs prioritaires

Pour atteindre les objectifs fondamentaux, les Hautes Autorités se fixent quatre (04) objectifs prioritaires aux fins de renforcer la contribution permanente de la Brigade aux efforts de développement économique et social du Pays.
Il s’agit de :

- Faire l’effort sur la qualité des ressources humaines et la montée en puissance des effectifs ; Il s'agit de renforcer les capacités des ressources humaines de la Brigade par la maitrise du recrutement, le développement de partenariat avec les écoles militaires et établissements d’enseignements supérieurs ainsi que la création de l’école nationale des Sapeurs-Pompiers.

- développer les capacités des Groupements d’Incendie et de Secours, du Groupement des unités Spécialisées et du Groupement Prévention Prévision Gestion des Risques de Catastrophes en mettant en adéquation les moyens opérationnels de la Brigade Nationale des Sapeurs-Pompiers avec les risques (risques industriels, chimiques…) et demandes d’intervention provenant quotidiennement des populations. Au-delà de leur sécurité, il y va de la préservation des ressources très limitées dont elles disposent ;

- compléter le maillage du territoire national en casernes de sapeurs-pompiers, s’inscrivant dans la nouvelle architecture des collectivités locales créée par l’acte 3 de la décentralisation qui vise à restituer aux collectivités locales toutes leurs capacités opérationnelles parmi lesquelles la protection civile tient une place de choix ;

- et assurer la médicalisation des secours pour appuyer les efforts de santé publique de l’Etat. La construction et l'équipement du Centre médical de la Brigade et l'accélération de la mise en place du Groupement Santé Secours médicaux permettront de mieux assurer les secours à victimes notamment lors des accidents de la circulation et contribuer au renforcement de la santé publique par la prise en charge médicale des populations dans les infirmeries ( Poste de Santé) de la Brigade.

Dans ces conditions, l’érection des casernes devrait obéir à une logique purement opérationnelle :

  • en fait, sachant que le rayon d’efficacité des secours est de 13 kilomètres à partir d’une caserne, l’étendue des collectivités locales pourrait réduire les performances en accentuant les délais d’intervention. A titre d’exemple, les élongations entre la région de Kaolack et Tambacounda sont hors normes. Il s’agit dès lors d’activer rapidement les postes de Koungheul et de Kaffrine, et d’envisager l’implantation dans les autres communes.
  • Les feux dans les zones rurales (villages, forêts, brousses) devraient également être pris en compte par l’acquisition en procédure d’urgence de véhicules tout chemin d’ici la fin de l’hivernage qui coïncide avec le début des feux de forêts et de brousses.

En définitive, au-delà de la protection et des secours aux populations en danger, sinistrées ou victimes d’accidents, il s’agit pour le Gouvernement de renforcer les capacités des Sapeurs-Pompiers pour leur permettre de mieux assurer la sécurité des institutions et installations stratégiques, de contribuer davantage à l’accessibilité des soins de santé , renforcer la protection du tissu économique , et surtout de mieux prévenir les risques pouvant porter atteinte aux efforts de développement des collectivités et à la territorialisation des politiques publiques en s’harmonisant avec les réformes engagées dans l’acte 3 de la décentralisation.

Voir: http://www.sapeurspompiers.gouv.sn